vendredi 21 juillet 2017

La Bête humaine, Émile Zola
Un mécanicien de locomotive, tourmenté par une lourde hérédité, et qui ne s'entend
 vraiment qu'avec sa machine... Une femme qui semble née pour faire le malheur de
 tous les hommes qui l'approchent... Un juge pétri de préjugés, pret à renier la justice au
 profit de l'intéret social ou politique... Tels sont les personnages de ce drame, un des
plus sombres qu'ait imaginés le romancier des Rougon-Macquart.
 
 
 
AVIS
 
 
« On va vite, on est plus savant… Mais les bêtes sauvages restent des bêtes
 sauvages, et on aura beau inventer des mécaniques meilleures encore, il y aura
 quand même des bêtes sauvages dessous. » 


Il faut que je vous prévienne dès le début, ça va être compliqué de faire une chronique sur ce livre. J'ai pris beaucoup de retard dans mes chroniques, privilégiant les partenariats, et certains autres livres de ma PAL, comme La Bête humaine, ont du donc attendre avant que je puisse vous présenter mon avis sur le blog. Ma chronique sera alors assez courte, surtout que je n'en garde déjà plus un grand souvenir. 

Après les deux derniers romans lus de Zola qui n'ont pas été très concluants pour moi, surtout Nana avec lequel je me suis profondément ennuyée, je suis contente d'avoir enfin découvert La Bête humaine, l'ouvrage le plus sombre que j'ai lu de l'auteur. Après avoir lu La Fortune des Rougon, j'avais peur des longues descriptions naturalistes dont est friand Émile Zola mais qui, moi, ne me conviennent pas à outrance. Heureusement, ici, le récit s'offre plus facilement, avec une contextualisation claire de deux protagonistes principaux et ce qui va les mener vers la folie meurtrière. Après la découverte catastrophique d'un secret de sa femme, Roubaud, chef de gare au Havre, ne peut plus se contrôler. Une rage vengeresse le prend, ne pouvant se calmer qu'après avoir accompli ce qui l'en délivrera par la mort de Grandmorin, leur protecteur à Séverine et à lui. Seul témoin du meurtre, Jacques Lantier, le mécanicien venu réparer la Lison. Héritant des vils traits des Macquart, Lantier a toujours été dévoré par le désir d'ôter la vie à des femmes. Mais conscient de sa folie, il tente de l'oublier par sa passion excessive pour sa locomotive.

Devenant le faux témoin de l'affaire Grandmorin pour les Roubaud puis l'amant de Séverine, il va tenter une nouvelle fois, avec encore davantage d'ardeurs, à ne pas laisser ses pulsions prendre le dessus. Mais pour lui, Séverine est différente des autres femmes qu'il a pu connaitre, elle devient même son espoir, celui de ne pas franchir la ligne rouge et de ne plus avoir de pensées meurtrières. Le problème est qu'étant mêlés tous les deux dans cette affaire de meurtre, les mensonges vont se succéder et la folie va devenir de plus en plus grande. Ce roman a été un plaisir à lire avec tout ce qu'il comporte : descriptions des lieux, des personnages, l'évolution des relations entre eux, leur psychologie, etc... Après Germinal, c'est bien celui-ci que je recommanderai, même si je pense qu'il n'est pas fait pour tout le monde, étant beaucoup plus noir que la majorité des ouvrages de Zola. Mais le but de l'écrivain est toujours de révéler la nature de l'homme avec ce qu'elle comporte de vils instincts et de folie, et c'est parfaitement réussi avec ce livre. Seul m'ont vraiment dérangé les trop longues descriptions à propos des trains ou de la gare. J'ai aussi quelques fois décroché en cours de route mais je suis toujours revenue avec encore plus d'entrain. C'est un ouvrage réussi et très bien construit que je recommande fortement. 


« Son unique pensée était d’aller tout droit, plus loin, toujours plus loin, pour se fuir,
 fuir l’autre, la bête enragée qu’il sentait en lui. »



CONCLUSION
Le traitement de la folie et de la mort est très bien exploité dans
 ce roman plus noir que les autres de Zola. La psychologie des
 personnages est très bien réussie tout comme les descriptions
 toujours bien construites de l'écrivain.



AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR
http://entournantlespages.blogspot.fr/2014/10/germinal-emile-zola-le-livre-de-poche.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2016/03/issus-de-la-paysannerie-enrichie-les.html     http://entournantlespages.blogspot.fr/2014/10/nana-emile-zola-le-livre-de-poche-les.html

11 commentaires:

  1. Un classique que je n'ai pas encore lu...

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    1. Il est plutôt accessible avec certaines longueurs mais qui se lisent finalement facilement face à la dynamique du livre et aux réflexions intéressantes sur la nature humaine et sa folie.

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  2. Un classique qui me tente bien ! D'ailleurs j'avais lu Germinal que j'avais bien aimé :)

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    1. Germinal est celui que j'ai pour le moment préféré de l'auteur. J'ai un peu moins aimé La Bête humaine même si le sujet peut davantage me parler mais il est vraiment très intéressant.

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  3. Je l'ai lu au lycée, je crois, mais j'en ai pas gardé beaucoup de souvenirs j'avoue...

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    1. Je ne pense pas en garder moi non plus un souvenir impérissable mais j'en garde pour le moment un bon sentiment. Je pense que j'aurais envie un jour de le relire, je comprendrais encore plus de choses avec ma deuxième relecture.

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  4. Je n'ai jamais eu l'occasion de lire celui ci mais j'avais bien aimé Au Bonheur des Dames malgré les longues descriptions des magasins.

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    1. Au Bonheur des dames me fait un peu peur dû aux longues descriptions dont tu parles mais je pense que je me lancerai un jour. La Bête humaine compte également pas mal de descriptions sur les trains mais ou sinon, ce livre est plutôt dynamique ce que j'ai beaucoup apprécié.

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  5. J'avais pour ma part bien aimé Nana et moins celui-ci. Peut-être devrais-je le relire ceci dit, car ce que tu en dis me semble extrêmement intéressant à creuser (à condition d'être dans un bon état d'esprit, pas dans celui de creuser ^^).

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    1. J'ai vraiment eu du mal à finir Nana pour le coup tellement Nana m'exaspérait ^^ Pour La Bête humaine, j'ai trouvé que la psychologie des personnages, en particulier celle de Lantier et de Séverine, était poussée et très intéressante. L'auteur s'appuie en plus sur certaines remarques de Cesare Lombroso dans son essai L'Homme criminel où il explique entres autres que la délinquance est plus fréquente chez des personnes possédant des caractéristiques physiques spécifiques. Évidemment, cet écrit est aujourd'hui complètement dépassé mais dans le contexte de ce livre, ces référence apportent encore plus de poids à l'idée d'hérédité dans le mal et le vice ou dans le bien, une idée fondamentale dans les écrits de Zola.

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    2. Effectivement, la physiognomonie poussée à son extrême est utilisée par Zola. Dans le thème de la criminalité et de ses origines physiologiques Yves Grevet a récemment écrit un roman jeunesse, "Celle qui sentait venir l'orage". C'est jeunesse mais plutôt bien fait !

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