mercredi 24 août 2016

 
Keleana : L'Héritière du feu tome 3
Keleana a finalement découvert qui elle était vraiment : une Fae, héritière
 de pouvoirs qu'elle peine à contrôler. Loin de l'homme qu'elle aime, l'assassineuse
 doit partir à nouveau en mission. Mais Keleana refuse d'être à nouveau la
 marionnette du roi. Alors qu'elle cherche un moyen de se soustraire à ses
 griffes, elle est approchée par le très mystérieux Rowan, Fae comme elle,
 lui aussi chargé d'une mission : amener Keleana auprès de sa reine, la
 redoutable Maeve, à n'importe quel prix. Keleana sait que les intentions
 de Maeve sont troubles. Mais à la Cour de la reine, elle pourra apprendre
 à maîtriser ses pouvoirs.



AVIS 


"Elle était l'héritière des cendres et du feu et elle ne
 plierait devant personne."

Que de péripéties avec cette saga fantasy ! Moi qui n’avait pas été vraiment convaincue par le premier tome, je peux dire que je suis contente d’avoir malgré tout continué à découvrir les aventures de la célèbre assassineuse d’Adarlan, Keleana Sardottien ! Le deuxième tome avait déjà été plus fourni au niveau de l’univers et j’avais apprécié découvrir une Keleana plus stratège et glaçante dans son rôle de tueuse. Mais ce troisième tome est encore meilleur, avec beaucoup plus d’approfondissements, d’évolutions dans l’intrigue, les personnages, et l’atmosphère qui rendent le récit encore plus entraînant, complexe et envoûtant.

Maintenant que Chaol l’a envoyé à Wendlyn pour fuir le château, Keleana tente de retrouver les clefs qui ont permis au roi d’Adarlan de supprimer la magie sur son territoire afin d’asservir plus facilement son peuple. Mais pendant ce périple, Keleana ne va pas travailler que sur cet unique plan, mais va également devoir revivre des parties de son passé pour découvrir la vérité et réussir à devenir ce qu’elle était censée être dès le début : une reine. Mais c’est d’abord en héroïne qu’elle va être acclamée grâce à ses pouvoirs et à l’entraînement reçu par un nouveau personnage, Rowan, grand guerrier fae. Keleana va pouvoir exploiter ses pouvoirs et réussir à se les approprier pleinement. Alors qu’elle n’avait pas pris une grande place dans l’univers des deux premiers tomes, étant réellement introduite à la fin du second, la magie s’impose fortement par l’entraînement de Keleana, la rencontre avec la terre des faes, mais également par la prise de conscience du pouvoir de Dorian. Et justement, j’en viens à un point important de l’intrigue que j’ai grandement appréciée : après le départ de Keleana, l’auteure ne délaisse pas Chaol et Dorian. Et justement, par l’absence de l’héroïne, ces deux jeunes hommes deviennent réellement des personnages centraux de l’histoire, sans avoir forcément une utilité ou un lien avec Keleana, devant de leur côté choisir entre la loyauté au roi et la rébellion en marche. 


"j'ai été forcé de commettre une foule de forfaits et d'actions
 méprisables, mais jamais je ne me suis senti souillé comme
 aujourd'hui, quand j'ai remercié cet homme pour avoir
 massacré mon peuple." 


Mais si j’ai apprécié suivre le chef de la garde et le prince d’Adarlan, j’ai parfois trouvé que Keleana stagnait. Elle revient souvent aux mêmes réflexions, à la même culpabilité concernant son rôle dans la réhabilitation de son peuple, et celle concernant également Nehemia. Elle n’apprend pas toujours de ses erreurs, mais réussit à bien s’entourer face aux épreuves qu’elle doit surmonter. De nombreux personnages tous aussi intéressants les uns que les autres font leur apparition dans ce troisième tome tels que Sorscha, guérisseuse au château que j’ai trouvé douce et avec beaucoup de ressources. Il y a également Manon Bec-Noir, jeune femme forte et intransigeante que l’on rencontre dans une intrigue parallèle, qui, si elle m’a intéressée au départ, m’a malheureusement lassée à la fin. A mon avis, cette nouvelle intrigue sera très importante pour la suite de l’histoire, et l’auteure l’amorce ici pour donner à ses lecteurs un avant-goût des nouveaux adversaires que Keleana et ses alliés vont devoir affronter.

Mais les deux nouveaux personnages qui ont retenu le plus mon attention et mon intérêt sont bien évidemment Aedion et Rowan. Le premier est un général du roi, natif du même territoire que Keleana. Ce protagoniste ambigu par son statut et ses origines a réussi à vraiment m’intriguer, et on ressent déjà le lien profond entre lui et notre héroïne. Rowan, voué de son côté à Maeve, reine des faes de Doranelle, va être la personne chargée de l’entraînement de l’assassineuse. Dur avec elle et n’ayant à priori aucune sympathie pour son apprentie, il se montre finalement doué d’une grande patience et d’une sensibilité charmante. Un lien très fort va alors naître entre ces deux personnages, créant, pour moi, la plus belle relation dans cette saga. Je n’ai presque rien à redire à ce troisième qui m’a transportée facilement dans cet univers rempli de magie et de futures batailles afin de se proclamer roi ou reine de leur territoire. Mais cette nouvelle guerre promet beaucoup de sang versé et de stratégies politiques, ce qui me tarde de découvrir dans la suite de la saga ! 


"- Vous êtes donc prête à libérer un autre pays, mais pas le vôtre. Pourquoi
 votre amie ne peut-elle se charger du sien ? 
 - Parce qu’elle est morte ! hurla-t-elle si fort que sa gorge la brûla. Elle
 est morte et il ne me reste plus que ma propre vie, qui ne vaut rien !"



CONCLUSION
Un troisième tome encore meilleur que les deux
 premiers. L'univers se complexifie avec une grande
 importance pour la magie, les personnages sont
 approfondis et laissent également place à des nouveaux
 très intéressants.




AUTRES AVIS SUR CETTE SAGA

samedi 6 août 2016

En tournant les pages part en vacances !

Bonjour tout le monde ! Petit message pour vous prévenir de la mise en pause du blog pendant quelques temps. Partant pour deux semaines en Corse où le réseau ne passe pas très bien, je ne pourrais pas m'occuper du blog, donc pas de chroniques jusqu'à fin août. Je vais pouvoir entièrement me ressourcer sans (trop) avoir le portable à la main ! 

Évidemment, je compte glisser quelques livres dans ma valise qui, à mon retour seront tous chroniqués. Alors bien entendu, je vais en amener dix fois trop mais je préfères avoir le choix. La plupart ont déjà été cités dans mon bilan du mois. D'abord, je vais amener les livres en cours que je me ferais un plaisir de lire pendant mes trois heures de voiture jusqu'au bateau :
    



Puis, pendant mes pauses détente à la plage ou à la maison, je n'aurais qu'à choisir entre tous-ceux là :

         
          
 (Et si jamais, ce n'est pas assez, j'ai toujours des ebooks sur mon portable en rab !)


 Voilà, j'ai de quoi faire pendant ces deux semaines ! Je vous souhaite un bon mois d'août. Bonnes vacances pour ceux qui le sont, et une pensée pour ceux qui travaillent. Bisous !

 

vendredi 5 août 2016

Les misérables tome 1
Loin de n'être que le récit de la réhabilitation d'un forçat évadé victime
 de la société, Les Misérables sont avant tout l'histoire du peuple de Paris.
 Jean Valjean, et le lien qui l'unit à Cosette, en est le fil conducteur et le
 symbole. A travers sa vie et ses rencontres apparaît l'image d'une humanité
 misérable mais pleine de grandeur, dont il semble être l'archétype.
 Homme du peuple par excellence, damné et accablé par les humiliations
 successives, Jean Valjean prend sur lui le péché du monde et l'expie.
 Dans son effort incessant pour se racheter, il assume un destin tragique
qui nous renvoie le reflet de l'humanité en marche.


AVIS 


"N'être pas écouté, ce n'est pas une raison pour se taire."


Même si Notre-Dame de Paris reste un de mes livres préférés, j'avais quelques appréhensions face à ce pavé. Tout le monde connaît le livre, a sans doute vu une des adaptations, mais à part les grandes lignes, je ne connaissais pas réellement l'intrigue de cette histoire. Je me suis lancée dans ce premier volume (le livre étant coupé en deux tomes dans cette édition) avec quelques craintes et attentes. Et même si les longueurs m'ont parfois gêné, j'ai été très contente de découvrir ce livre.

Jean Valjean, ancien forçat resté au bagne pendant dix-neuf ans, se retrouve à tenter de survivre dans cette France de l'époque, et plus particulièrement à la capitale. Mais il va se rendre rapidement compte que sa liberté avec son nouveau statut d'ancien prisonnier ne va pas être plus indulgente que sa vie en captivité. Il tentera de déjouer les lois de la société en expérimentant, entres autres, le changement d'identité qui ne va l'amener qu'à un avenir encore plus tragique. Lors de ses différentes épreuves, Jean Valjean va faire la rencontre notamment de Fantine, jeune fille désabusée par la vie et essayant jusqu'à la prostitution et à la mort de subvenir aux besoins de sa fille Cosette, qui va elle aussi un lien particulier avec cet homme plein de ressources. 


"Ne craignons jamais les voleurs ni les meurtriers. Ce sont là les
 dangers du dehors. Les petits dangers. Craignons-nous nous-mêmes.
 Les préjugés, voilà les voleurs ; les vices, voilà les meurtriers. Les
 grands dangers sont au dedans de nous. Qu’importe ce qui menace
 notre tête ou notre bourse ! Ne songeons qu’à ce qui menace
 notre âme." 


Ce premier livre s'articule en trois parties, chacune reprenant le prénom et l'histoire en détail d'un personnage central de l'histoire : Fantine, Cosette et Marius. Lors de ces parties, d'autres protagonistes font leur apparition comme les Thénardier, famille manipulatrice et avide de richesse et de pouvoir qui va jouer un rôle essentiel dans la vie des personnages principaux, ou encore Gavroche, jeune garçon pauvre des rues mais rusé, auxquels je me suis attaché tout comme à Jean Valjean pour son parcours étonnant. Les personnages sont soit miséreux soit cupides, les rôles évoluant quelques fois, et laissent une forte impression lors de la lecture. L'auteur prend le temps de nous apporter le plus de détails possibles, que ce soit physiques ou psychologiques, que ces personnage soient importants ou non au déroulement de l'histoire. Ces longues descriptions ne m'auraient pas incommodé si elles avaient été les seules. Non, c'est plutôt les descriptions que j'ai trouvé parfois inutiles sur les lieux, l'architecture des maisons, etc... qui m'a quelquefois sorti de ma lecture.

Mais ces longueurs n'ont évidemment pas altéré mon intérêt face à ces personnages et ces nombreuses intrigues tous aussi intéressants les uns que les autres, et surtout le style romantique, et même quelques fois poétique, de Victor Hugo que j'avais adoré lire dans Notre-Dame de Paris ou Les Contemplations. Ce livre est fort en images et en émotions et dépeint à merveille les rues et la population de Paris du XIXème siècle. Je sais que je me plongerai avec affection et appétit dans la suite des aventures de ces personnages, définissant parfaitement pour la plupart le mot "misérable" mais qui sont malgré tout marqués par l'espoir d'une vie meilleure et par un peu de bonheur. 


"Il n’avait pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d’amour ;
 mais il était joyeux parce qu’il était libre."



CONCLUSION
Même si certains passages peuvent paraître superflus et
 donc moins intéressants, ce livre est une merveille par
 son style captivant et poétique et par son reflet sur le
 peuple parisien du XIXème siècle à travers le destin aussi
 funeste que fascinant des personnages.



AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR

lundi 1 août 2016

Bonjour tout le monde ! Nous voilà déjà en août, et l'heure est au bilan. Comme le mois dernier, 7 livres lus mais avec un nombre de pages plus conséquent, doncje suis très contente. Avec 1 coup de coeur et 1 déception, j'ai réussi à passer un bon mois avec des lectures assez variées. Les voici :


Mon top 3 :
  
         

En l'absence des hommes, Philippe Besson (chronique)
Jusqu'à ce que la mort nous unisse, Karine Giebel (chronique)
Les Misérables tome 1, Victor Hugo (chronique bientôt publiée)


Mes autres livres lus :
   

La couronne des 7 royaumes intégrale 1, David B. Coe (chronique)
La guerre des millions, Paul Ivoire (chronique)


   

MacBeth, William Shakespeare
Crime et châtiment volume 1, Fedor Dostoïevski (chronique)


Mes réceptions :

  
  


Ce que j'emmène dans ma valise :

Dernière fois (je vous jure !) que je prévois de lire le premier tome de Fils-des-Brumes.
 Je n'en peux plus de le voir dans ma PAL. Et comme je pars pour 15 jours en vacances,
 je vais l'emmener pour être sûre d'enfin le lire. Je vais prendre également avec moi
 deux livres de Franck Thilliez qui me font très envie, Rêver et Le syndrome E.

J'avais reçu Une pièce montée dans la box Kube et je pense que ce petit livre
 contemporain sera parfait pour la plage. Bouvard et Pécuchet me donne un peu
 moins envie bizarrement, mais c'est le dernier roman de Flaubert que j'ai à lire, à
 voir s je serais déçue comme avec Salammbô ou si je vais aimer comme ses deux
 autres romans. Et pour finir, j'aimerais bien découvrir mon premier livre d'Edgar
 Allan Poe, Histoires extraordinaires, qui a l'air très intéressant et original
 par les univers qu'il crée.

samedi 30 juillet 2016

 
Crime et châtiment volume 1
A Saint-Pétersbourg, en 1865, Raskolnikov, un jeune noble sombre et altier,
 renfermé mais aussi généreux, a interrompu ses études faute d'argent.
 Endetté auprès de sa logeuse qui lui loue une étroite mansarde, il se
 sent écrasé par sa pauvreté. Mais il se croit aussi appelé à un grand avenir
 et, dédaigneux de la loi morale, se pense fondé à commettre un
 crime : ce qu'il va faire bientôt - de manière crapuleuse. Un témoin de
 la misère, de l'alcoolisme et de la prostitution que l'auteur décrit sans
 voiles, un criminel aussi qui ne sait trop pourquoi il l'est devenu, tant
les raisons qu'il s'invente pour agir sont contradictoires.


AVIS 


"Tous les hommes sont divisés en êtres "ordinaires" et "extraordinaires".
 Les hommes ordinaires doivent vivre dans l’obéissance et n’ont pas le
 droit de transgresser la loi, attendu qu’ils sont ordinaires. Les individus
 extraordinaires, eux, ont le droit de commettre tous les crimes et de
 violer toutes les lois pour cette raison qu’ils sont extraordinaires !" 


Que d'attentes au début de ma lecture ! Après avoir adoré Les carnets du sous-sol et La douce, une des ses nombreuses nouvelles, j'ai voulu découvrir une des œuvres les plus connues et les plus denses de Dostoïevski. Et si au début de ma lecture, j'ai grandement apprécié l'atmosphère, c'est malheureusement vite retombé comme un soufflet.
 
Raskolnikov est un ancien étudiant qui vient de démissionner de son travail d'enseignant. Bientôt endetté et pleinement dans la pauvreté, il va rapidement plonger dans une spirale où toute loi morale et justice n'a plus aucun poids sur lui. Il va alors préparer le meurtre de sa logeuse, une vieille femme haineuse et violente. Mais après ce crime, Raskolnikov se rend compte qu'il est loin de guérir de son mal-être et qui va encore davantage tomber dans un enfer psychologique où il ne réussira pas à sortir. Depuis, il n'est obnubilé que par l'enquête sur ce meurtre, manquant quelques fois de se faire démasquer. Entre crises de folie et peur de se faire prendre, Raskolnikov paraît de plus en plus fou pour ses proches qui tentent de l'aider sans connaître le mal qui le ronge.

L'auteur s'attelle dès le début de son récit à créer une atmosphère étouffante gorgée de saleté, de puanteur, d'alcools. Il réussit parfaitement à immerger et à étouffer son lectorat dans cette crasse ambiante où vit Raskolnikov. Mais si j'ai d'abord grandement apprécié ce réalisme étonnant, j'en ai vite été écœurée.  Et le personnage principal ne m'a pas aidé pour rester accrochée au récit. On pourrait le prendre en pitié face à l'environnement dans lequel il évolue mais il tellement détestable que vous ravalez rapidement votre pitié ou votre compassion. J'ai retrouvé en lui beaucoup du narrateur dans Les carnets du sous-sol : introverti, égoïste, condescendant, méprisant. Mais contrairement à celui enfermé dans son sous-sol intérieur que j'avais aimé déterrer, Raskolnikov n'a réussi qu'à m’écœurer et à me lasser. Je pensais découvrir un personnage déchiré par le crime qu'il a commit, en pleine rédemption. Au lieu de cela, celui-ci ne pense qu'à sa fuite, d'abord mentale, se croyant supérieur aux autres hommes et ayant le droit de commettre un crime tel que le meurtre barbare qu'il a perpétré. Après avoir lu les deux cent premières pages, il a fallu que j'alterne ce livre avec d'autres pour réussir enfin à le finir. Néanmoins, même si ce livre a été un déception, je pense lire le second volume qui, par son résumé, semble être davantage à mon goût, m'étant enfin en avant la relation entre Raskolnikov et Sofia. 
 
 
"est-ce que des milliers de bonnes actions ne pourraient pas effacer un
 seul petit crime de rien du tout ? Pour une seule vie – des milliers de
 vies sauvées de la pourriture et de la décomposition. [...] Et qu'est-ce
 qu'elle peut valoir, sur la balance commune, la vie de cette petite vieille
 phtisique, stupide, haineuse ? Pas plus que la vie d'un pou, d'un cancrelat,
 et, même ça, elle ne le vaut pas, parce que la petite vieille, elle est nuisible."
 
 
 
CONCLUSION
Après avoir adoré le style de l'auteur dans d'autres de ses
 œuvres, j'ai eu l'impression d'être prise à mon propre
 jeu ou que l'auteur était allé trop loin ici. Le personnage
 m'a paru trop détestable et l'atmosphère au final trop
 pesante pour passer un agréable moment de lecture.



AUTRES AVIS SUR CET AUTEUR